Charges du président de SASU vs gérant d'EURL en 2026 : les vrais chiffres, ligne à ligne
Grille 2026 détaillée : maladie 13 % taux plein pour le mandataire SASU, assiette abattue de 26 % et barème maladie progressif pour le TNS. Sur 48 000 € de brut : 28 676 € de cotisations contre 14 976 € — et ce que la différence achète.
Résumé
Pour 48 000 € de rémunération brute en 2026, un président de SASU génère 28 676 € de cotisations (coût société : 66 672 €) quand un gérant majoritaire d'EURL en génère 14 976 € (coût : 62 976 €). L'écart — 13 700 € — ne vient pas d'une « niche TNS » : il vient de deux grilles construites différemment. Le mandataire SASU paie les taux pleins (maladie 13 %, car la réduction générale de cotisations l'exclut), le TNS cotise sur une assiette abattue de 26 % avec un barème maladie progressif. Et l'écart achète des droits très différents. Ligne à ligne, chiffres recalculés depuis notre moteur.
Deux grilles construites différemment
Le président de SASU est assimilé salarié (CSS Art. L311-3) : ses cotisations sont calculées sur 100 % du brut, ventilées en part patronale et part salariale, avec des tranches (T1 jusqu'au plafond de la Sécurité sociale, T2 au-delà) pour la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO. Pas d'assurance chômage — un mandataire n'a pas de contrat de travail.
Le gérant majoritaire d'EURL est travailleur non salarié (CSS Art. L131-6). Depuis la réforme de l'assiette (applicable depuis 2025), toutes ses cotisations ET sa CSG-CRDS sont assises sur une assiette unique : la rémunération moins un abattement de 26 %, borné entre 846 € (1,76 % du PASS) et 62 478 € (130 % du PASS).
Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) 2026, pivot des deux grilles : 48 060 €.
Source : CSS Art. L311-3 et L131-6 ; CSS Art. L136-3 et D136-5 (assiette unique) ; arrêté du 22/12/2025 (PASS 2026)
SASU : la grille 2026 — et pourquoi la maladie est à 13 %, pas à 7 %
Les grandes lignes de la grille assimilé salarié 2026 (patronal + salarial) : maladie 13 % • allocations familiales 5,25 % • vieillesse de base 8,55 % + 6,9 % sous plafond et 2,11 % + 0,4 % déplafonnées • retraite complémentaire AGIRC-ARRCO T1 4,72 % + 3,15 % (T2 au-delà du PASS : 12,95 % + 8,64 %) • CEG • CSG-CRDS 9,7 % sur 98,25 % du brut (abattement de 1,75 % plafonné à 4 PASS — CSS art. L136-2 ; assiette 100 % au-delà) • plus AT/MP, FNAL, CSA et prévoyance minimale cadre.
Le point que beaucoup de simulateurs ratent : un salarié « ordinaire » à ce niveau de salaire bénéficierait d'allègements. Pas le mandataire social. La réduction générale dégressive unifiée (RGDU, LFSS 2025 art. 18, en vigueur au 1er janvier 2026) a remplacé les taux réduits maladie (7 %) et allocations familiales (3,45 %) par une réduction dégressive… dont les mandataires sociaux sont exclus. Ils étaient d'ailleurs déjà hors du champ des allègements (pas d'assurance chômage, condition d'accès au dispositif). Résultat : maladie à 13 % taux plein et AF à 5,25 % taux plein, dès le premier euro.
La contre-implémentation de référence, le simulateur mon-entreprise de l'URSSAF, applique exactement ces taux pleins à l'assimilé salarié — en permanence.
Source : URSSAF / boss.gouv.fr — barèmes 2026 ; LFSS 2025 art. 18 (RGDU) ; accord national AGIRC-ARRCO
TNS : assiette abattue de 26 % et barème maladie progressif
La grille TNS 2026 « après réforme » : maladie-maternité au barème progressif marginal (CSS Art. D621-2) — 0 % jusqu'à 20 % du PASS, puis 1,5 %, 4 %, 6,5 %, 7,7 % et 8,5 % par tranche jusqu'à 3 PASS (puis 6,5 % au-delà) • indemnités journalières 0,5 % • retraite de base 17,87 % sous PASS et 0,72 % au-delà (CSS Art. D633-3) • retraite complémentaire des indépendants 8,1 % sous PASS, 9,1 % jusqu'à 4 PASS (CSS Art. D635-7) • invalidité-décès 1,3 % • allocations familiales 0 % sous 110 % du PASS, montée progressive jusqu'à 3,1 % à 140 % du PASS • CSG-CRDS 9,7 %.
Tout cela s'applique à l'assiette abattue : pour 48 000 € de rémunération, l'abattement de 26 % retire 12 480 €, et les taux ci-dessus frappent 35 520 € — pas 48 000 €. C'est la deuxième moitié de l'explication de l'écart avec la SASU.
Source : CSS Art. D621-2 (maladie), D621-3 (IJ), D633-3 (retraite de base), D635-7 (RCI), D632-1 (invalidité), L136-3 (assiette) — contre-vérifié sur mon-entreprise
L'exemple à 48 000 € brut : 28 676 € contre 14 976 €
Président de SASU (brut 48 000 €, sous le PASS donc tout en tranche 1) : maladie + allocations familiales 8 760 € • vieillesse de base 8 621 € • AGIRC-ARRCO + CEG 4 810 € • CSG-CRDS 4 575 € • AT/MP, FNAL, CSA, prévoyance 1 910 €. Total : 28 676 € (18 672 € patronal, 10 003 € salarial). Coût société : 66 672 € ; net avant IR : 37 997 €.
Gérant majoritaire d'EURL (même brut, assiette 35 520 € après abattement) : maladie + indemnités journalières 1 845 € • retraite de base 6 347 € • retraite complémentaire (RCI) 2 877 € • invalidité-décès 462 € • allocations familiales 0 € (assiette sous 110 % du PASS) • CSG-CRDS 3 445 €. Total : 14 976 €. Coût société : 62 976 €.
L'écart : 13 700 € de cotisations par an. Remarquez où il se loge : 8 760 € de maladie/AF côté SASU contre 1 845 € côté TNS (taux pleins vs barème progressif sur assiette abattue), et 13 431 € de retraite côté SASU contre 9 224 € côté TNS.
Source : Recalcul FiscaClear — grilles URSSAF/boss.gouv.fr 2026, PASS 2026
Ce que les 13 700 € d'écart achètent (ou pas)
Retraite : le président de SASU verse 13 431 € et acquiert des droits au régime général + AGIRC-ARRCO — le même rendement de points qu'un cadre. Le TNS verse 9 224 € : sa retraite de base est comparable à assiette égale… mais son assiette est abattue de 26 %, et la RCI sert des droits moins généreux que l'AGIRC-ARRCO. À rémunération identique, la pension future du TNS sera nettement inférieure.
Indemnités journalières : le TNS cotise 0,5 % et perçoit des IJ calculées sur son revenu abattu, avec des plafonds bas ; l'assimilé salarié relève des IJ du régime général, plus protectrices. La prévoyance minimale cadre (incluse dans la grille SASU) couvre en plus le décès/invalidité au-delà du régime de base.
Ni l'un ni l'autre n'achète l'assurance chômage : l'écart ne se justifie donc jamais par « la sécurité de l'emploi ». La vraie question est : préférez-vous financer une protection obligatoire élevée (SASU), ou une protection de base moins chère que vous complétez librement — Madelin retraite, prévoyance individuelle — avec la différence (EURL) ?
Notre comparateur intègre ces deux grilles au centime : testez votre propre rémunération plutôt que d'extrapoler cet exemple.
Source : CSS Art. L311-3 / L131-6 ; grilles 2026 — analyse FiscaClear
Questions fréquentes
Pourquoi la cotisation maladie du président de SASU est-elle à 13 % et pas à 7 % ?
Le taux réduit maladie de 7 % a été supprimé par la réduction générale dégressive unifiée (RGDU, LFSS 2025 art. 18) au 1er janvier 2026, et le mandataire social est exclu de la réduction qui le remplace — il était déjà hors du champ des allègements faute d'assurance chômage. Le taux plein de 13 % s'applique donc dès le premier euro.
Le gérant d'EURL cotise-t-il sur 100 % de sa rémunération ?
Non. Depuis la réforme de l'assiette des indépendants (LFSS 2024, applicable depuis 2025), cotisations et CSG sont calculées sur la rémunération moins 26 % d'abattement, borné entre 846 € et 62 478 € en 2026. Sur 48 000 € de rémunération, seuls 35 520 € sont soumis à cotisations.
Qui paie ces cotisations — la société ou le dirigeant ?
En SASU, la société paie la part patronale (18 672 € dans notre exemple) et précompte la part salariale (10 003 €) sur le brut : le président perçoit 37 997 € net avant impôt. En EURL, les cotisations TNS (14 976 €) sont dues par le gérant mais habituellement prises en charge par la société — il n'y a pas de distinction patronal/salarial.
Ces montants incluent-ils l'impôt sur le revenu ?
Non — uniquement les cotisations et contributions sociales (CSG-CRDS comprise). L'IR s'ajoute ensuite, avec des assiettes différentes selon le statut (traitement et salaires avec abattement de 10 % pour le président, rémunération de gérance art. 62 CGI pour le gérant). Le comparatif net final dépend donc aussi de votre foyer fiscal.
Le TNS peut-il combler son déficit de protection sociale ?
En partie, oui, et c'est la stratégie classique : contrats Madelin ou PER pour la retraite (déductibles dans une enveloppe commune — voir notre guide PER du dirigeant), prévoyance Madelin pour les IJ et l'invalidité. Bien construit, ce complément coûte souvent moins cher que l'écart de cotisations avec la SASU — mais il faut effectivement le mettre en place.
Sources officielles
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