Année fiscale 2026 8 min Mis à jour le 2026-07-04

Auto-entrepreneur, EURL ou SASU en 2026 : le coût réel de chaque statut

Combien coûte vraiment un euro de rémunération en 2026 selon le statut : taux micro sur le CA, SASU à ×1,39 le brut, EURL à ×1,30 après la réforme de l'assiette. Dividendes à 31,4 %, protection sociale comparée — les chiffres recalculés depuis notre moteur.

Résumé

Il n'existe pas de « meilleur statut » — il existe des logiques de prélèvement différentes. En micro-entreprise, vous payez un pourcentage fixe de votre chiffre d'affaires (de 12,3 % à 25,6 % selon l'activité). En SASU, chaque euro de rémunération brute coûte environ ×1,39 à la société ; en EURL, environ ×1,31 depuis la réforme de l'assiette des indépendants. Et depuis la LFSS 2026, les dividendes supportent 31,4 % de flat tax — l'arbitrage salaire/dividendes a bougé. Voici les vrais chiffres 2026, recalculés depuis notre moteur fiscal.

Trois statuts, trois logiques de prélèvement

La micro-entreprise (auto-entrepreneur) est une entreprise individuelle au régime simplifié : les cotisations sont un pourcentage forfaitaire du chiffre d'affaires encaissé, sans déduction de frais. Pas de CA, pas de cotisations.

L'EURL à l'IS avec gérant associé unique relève du régime des travailleurs non salariés (TNS, CSS Art. L131-6) : les cotisations sont calculées sur la rémunération, après un abattement d'assiette de 26 % issu de la réforme applicable depuis 2025.

La SASU fait de son président un « assimilé salarié » (CSS Art. L311-3) : cotisations calquées sur celles d'un salarié cadre — en plus cher, car le mandataire social est exclu des allègements de charges — mais sans assurance chômage.

Aucun de ces trois régimes n'ouvre de droit au chômage au titre du mandat ou de l'activité indépendante : c'est un point commun, pas un critère de choix.

Source : CSS Art. L311-3 (assimilé salarié) ; CSS Art. L131-6 (TNS)

Micro-entreprise : le prélèvement le plus lisible

Les taux de cotisations 2026 sur le chiffre d'affaires : 12,3 % en vente de marchandises (BIC), 21,2 % en prestations de services BIC/artisanales, 25,6 % en libéral non réglementé (BNC), 23,2 % pour les libéraux CIPAV. S'y ajoute la contribution formation (0,1 % à 0,3 % selon l'activité).

Exemple : un consultant BNC à 60 000 € de CA paie 15 360 € de cotisations (25,6 %), et son revenu imposable après abattement forfaitaire de 34 % est de 39 600 €.

Les limites du régime : les frais réels ne sont pas déductibles (l'abattement forfaitaire en tient lieu), la protection sociale est proportionnelle au CA déclaré (retraite faible les mauvaises années), et les plafonds 2026-2028 sont de 83 600 € (services et BNC) / 203 100 € (vente).

Si vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire, ou si vous approchez durablement du plafond, la comparaison avec une société doit être chiffrée — pas devinée.

Source : URSSAF — taux micro-entrepreneur au 01/01/2026 ; CGI Art. 50-0 et 102 ter (plafonds LF 2026)

SASU : chaque euro de brut coûte ×1,39 à la société

Pour une rémunération de président de 48 000 € brut en 2026, notre moteur calcule 28 676 € de cotisations au total : 18 672 € de part patronale et 10 003 € de part salariale. Coût total pour la société : 66 672 €, soit ×1,39 le brut. Le président touche 37 997 € net avant impôt sur le revenu.

Pourquoi si cher ? Parce que le mandataire social paie les taux pleins : la réduction générale dégressive de cotisations (RGDU, en vigueur au 1er janvier 2026) exclut les mandataires sociaux, qui étaient déjà hors du champ des anciens taux réduits maladie et allocations familiales. La cotisation maladie est donc à 13 % — pas à 7 % comme pour un salarié modeste.

En contrepartie, cette grille achète la meilleure protection sociale des trois statuts : retraite de base ET complémentaire AGIRC-ARRCO (les mêmes points qu'un cadre), indemnités journalières du régime général, validation de trimestres solide. Le détail ligne à ligne est dans notre guide « charges SASU vs TNS ».

Source : CSS Art. L311-3 ; LFSS 2025 art. 18 (RGDU) ; grille URSSAF/boss.gouv.fr 2026 — recalcul FiscaClear

EURL : environ ×1,31 par euro de rémunération

Même rémunération de 48 000 € pour un gérant majoritaire d'EURL : 14 976 € de cotisations et contributions sociales, soit un coût total de 62 976 € (×1,31).

La réforme de l'assiette des indépendants (applicable depuis 2025) a simplifié le calcul : les cotisations et la CSG sont assises sur une assiette unique égale à la rémunération moins un abattement de 26 %, et le barème maladie est devenu progressif — nul sur les bas revenus.

L'écart avec la SASU est massif : 13 700 € de cotisations en moins sur cet exemple. Mais cet écart n'est pas « gagné » : il correspond surtout à des droits en moins — retraite complémentaire des indépendants (RCI) moins généreuse que l'AGIRC-ARRCO, indemnités journalières plus faibles. Un TNS prévoyant réinvestit une partie de l'écart en Madelin/PER et en prévoyance.

Source : CSS Art. L131-6, L136-3 (assiette unique) ; CSS Art. D621-2 (barème maladie) — recalcul FiscaClear

Dividendes 2026 : la flat tax est à 31,4 %, et l'EURL a une règle piège

Depuis la LFSS 2026, les prélèvements sociaux sur les dividendes passent à 18,6 % (CSG +1,4 point) : le prélèvement forfaitaire unique sur les dividendes 2026 est donc de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS) — plus les fameux « 30 % » que citent encore beaucoup d'articles.

Et avant toute distribution, la société a payé l'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (PME), 25 % au-delà. Le « rendement » réel d'un euro de bénéfice distribué se calcule donc IS + PFU compris.

Le piège EURL : pour un gérant majoritaire TNS, la part des dividendes qui excède 10 % du capital social (+ primes d'émission + comptes courants d'associé) n'est pas au PFU social — elle est soumise aux cotisations TNS (CSS Art. L131-6). Avec un petit capital social, la quasi-totalité des dividendes y passe. En SASU, ce mécanisme n'existe pas : les dividendes restent au PFU intégral.

Conséquence pratique : la stratégie « petite rémunération + gros dividendes » se raisonne très différemment en EURL et en SASU, et la hausse à 31,4 % a réduit l'avantage dividendes partout.

Source : CGI Art. 200 A (PFU) ; LFSS 2026 art. 12 (PS 18,6 %) ; CSS Art. L131-6 (dividendes TNS > 10 % du capital) ; CGI Art. 219 (IS)

Comment trancher — et pourquoi une règle de pouce ne suffit pas

Les bons critères, dans l'ordre : vos charges réelles (en dessous de l'abattement forfaitaire, la micro gagne presque toujours à CA modéré) ; votre besoin de revenu immédiat vs capitalisation (la SASU permet de laisser le bénéfice à l'IS et d'arbitrer plus tard) ; la protection sociale que vous voulez financer (retraite et IJ : SASU > EURL > micro) ; votre TMI (l'arbitrage salaire/dividendes dépend de votre tranche d'imposition).

Les ratios de cet article (×1,39 en SASU, ×1,31 en EURL) sont calculés à 48 000 € de brut : ils varient avec le niveau de rémunération, car le barème maladie TNS est progressif et les tranches AGIRC-ARRCO jouent au-delà du plafond de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026).

C'est exactement ce que fait notre diagnostic gratuit : il recalcule les trois statuts sur VOS chiffres — CA, charges, rémunération cible, dividendes — avec le même moteur déterministe que cet article, et vous montre le net dans la poche après cotisations ET impôts.

Source : Comparateur FiscaClear — moteur de règles 2026 (déterministe, sources citées)

Questions fréquentes

La SASU coûte-t-elle vraiment deux fois plus cher que l'EURL ?

En cotisations, presque : 28 676 € contre 14 976 € pour 48 000 € de brut en 2026. Mais en coût total pour la société, l'écart est de ×1,39 contre ×1,31, et la différence finance de vrais droits (retraite AGIRC-ARRCO, indemnités journalières du régime général). Comparez le coût ET ce qu'il achète.

Quel est le taux de la flat tax sur les dividendes en 2026 ?

31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG relevée de 1,4 point par la LFSS 2026). Le taux de 30 % que l'on lit partout n'est plus le bon pour les dividendes perçus en 2026.

Pourquoi dit-on que les dividendes d'EURL sont « soumis à cotisations » ?

Pour un gérant majoritaire TNS, la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social (majoré des primes d'émission et des sommes en compte courant) est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales TNS (CSS Art. L131-6). Au-delà de ce seuil, un dividende d'EURL coûte donc plus cher qu'un dividende de SASU au PFU.

Le président de SASU a-t-il droit au chômage ?

Non. Le mandataire social n'a pas de contrat de travail et ne cotise pas à l'assurance chômage — c'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles il est exclu de la réduction générale de cotisations. Ni le TNS ni le micro-entrepreneur n'y ont droit non plus au titre de leur activité indépendante.

Puis-je rester en micro-entreprise indéfiniment ?

Tant que votre CA reste sous les plafonds 2026-2028 (83 600 € en services/BNC, 203 100 € en vente), oui. Mais la vraie question est économique : si vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire (34 % en BNC, 50 % imposé en services), le réel ou la société deviennent plus intéressants bien avant le plafond.

Sources officielles

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