Versement libératoire 2026 : le seuil de 29 315 €, et surtout quand NE PAS opter
Le versement libératoire de l'IR en 2026 : taux de 1 % / 1,7 % / 2,2 % du CA, seuil de RFR 29 315 € par part, option avant le 30 septembre — et le calcul qui dit si vous êtes gagnant ou perdant.
Résumé
Le versement libératoire remplace votre impôt sur le revenu par un pourcentage fixe du chiffre d'affaires (1 % vente, 1,7 % services BIC, 2,2 % BNC), payé en même temps que vos cotisations URSSAF. Pour opter en 2026, votre revenu fiscal de référence 2024 doit rester sous 29 315 € par part. Mais l'option n'est pas toujours gagnante : si vous êtes non imposable, le versement libératoire vous fait payer un impôt que vous ne devriez pas — et il n'est jamais remboursé.
Le versement libératoire en deux mots
Le versement libératoire (officiellement « versement forfaitaire libératoire de l'impôt sur le revenu ») est une option réservée aux micro-entrepreneurs : au lieu d'intégrer votre bénéfice micro au barème progressif de l'IR l'année suivante, vous payez l'impôt au fil de l'eau, en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, en même temps que vos cotisations sociales (déclaration URSSAF mensuelle ou trimestrielle).
« Libératoire » signifie définitif : ce qui est versé libère l'impôt correspondant, sans régularisation en fin d'année — ni complément à payer, ni remboursement si le barème vous aurait été plus favorable. C'est toute la question de ce guide.
Le versement libératoire ne remplace que l'impôt sur le revenu de l'activité micro : les cotisations sociales (micro-social) restent dues en totalité, aux taux habituels.
Source : CGI Art. 151-0, I et V
Qui peut opter en 2026 : la double condition
Condition n° 1 — être au régime micro : micro-BIC ou micro-BNC, donc sous les plafonds 2026-2028 de 203 100 € (vente) ou 83 600 € (services et BNC).
Condition n° 2 — le revenu fiscal de référence (RFR) : pour appliquer le versement libératoire en 2026, le RFR de votre foyer en 2024 (année N-2, celui de votre avis d'imposition 2025) ne doit pas dépasser 29 315 € par part de quotient familial. Soit 58 630 € pour un couple (2 parts) et 87 945 € pour un couple avec deux enfants (3 parts) — le seuil est majoré de 50 % par demi-part supplémentaire.
Ce plafond correspond à la limite supérieure de la deuxième tranche du barème de l'IR et se revalorise chaque année : beaucoup de contenus en ligne citent encore 27 478 €, une valeur périmée. La bonne référence 2026 est 29 315 €.
Si votre RFR repasse au-dessus du seuil, vous perdez automatiquement le bénéfice de l'option pour l'année concernée — surveillez-le après une bonne année.
Source : CGI Art. 151-0, II (seuil RFR N-2, revalorisé annuellement)
Les taux 2026 : 1 %, 1,7 %, 2,2 %
Le versement libératoire s'ajoute au taux de cotisations micro-social, sur le CA encaissé : 1 % pour la vente de marchandises et l'hébergement (micro-BIC vente), 1,7 % pour les prestations de services BIC, 2,2 % pour les activités libérales (BNC).
Attention à la lecture de ces taux : ils s'appliquent au chiffre d'affaires, pas au bénéfice. Rapportés au revenu imposable après abattement, ils sont plus élevés qu'ils n'en ont l'air : 2,2 % du CA en BNC équivalent à environ 3,33 % du revenu imposable (abattement de 34 %).
C'est ce taux « équivalent » qu'il faut comparer à votre taux moyen d'imposition au barème pour savoir si l'option est gagnante.
Source : CGI Art. 151-0, V (taux) — CGI Art. 50-0 / 102 ter (abattements)
Gagnant ou perdant ? La seule question qui compte
Vous êtes perdant si vous êtes non imposable (TMI 0 %). Au barème, votre IR serait nul ; avec le versement libératoire, vous payez quand même le pourcentage sur chaque euro de CA, et il n'est jamais restitué. C'est le piège classique du créateur à petit CA qui coche l'option « pour simplifier ».
Vous êtes probablement gagnant à partir d'une TMI de 30 % : le taux du versement libératoire, même rapporté au revenu imposable, reste très inférieur au taux moyen que produirait le barème.
Dans la tranche à 11 %, il faut faire le calcul : tout dépend de votre niveau de revenu dans la tranche, de la décote et des autres revenus du foyer. Bonne nouvelle : l'ordre de grandeur se calcule en trois lignes — voir l'exemple ci-dessous.
Dernier point souvent oublié : le versement libératoire fige l'impôt même les mauvaises années. Si votre CA s'effondre en cours d'année, vous aurez payé au fil de l'eau un impôt que le barème (avec ses tranches à 0 % et 11 %) aurait pu réduire à zéro.
Source : CGI Art. 151-0 — barème : CGI Art. 197 (LF 2026)
Exemple chiffré : Léa gagne 588 €, Sam perd 330 €
Léa, consultante BNC, 40 000 € de CA, célibataire (1 part), pas d'autre revenu. Avec le versement libératoire : 40 000 € × 2,2 % = 880 € d'impôt, définitif.
Au barème (illustration au dernier barème voté, LF 2026 sur revenus 2025) : revenu imposable = 40 000 € − 34 % d'abattement = 26 400 €. IR = (26 400 € − 11 600 €) × 11 % = 1 628 €, moins la décote (≈ 160 €) = ≈ 1 468 €.
Verdict pour Léa : le versement libératoire lui fait économiser ≈ 588 € par an. L'option est gagnante.
Sam, graphiste BNC débutant, 15 000 € de CA, célibataire. Revenu imposable = 9 900 €, sous la première tranche du barème (11 600 €) : au barème, son IR est nul. Avec le versement libératoire, il paie 15 000 € × 2,2 % = 330 € — à fonds perdus. L'option est perdante.
Ces calculs supposent que le revenu micro est le seul revenu du foyer : d'autres revenus (salaire du conjoint, foncier…) montent le taux moyen et rendent l'option plus vite gagnante. En cas de doute, faites tourner les deux scénarios avec vos vrais chiffres.
Source : Calculs FiscaClear — barème CGI Art. 197 et décote (LF 2026, revenus 2025), taux CGI Art. 151-0
Opter, sortir, déclarer : le calendrier et les cases 2042
Opter : la demande se fait auprès de l'URSSAF au plus tard le 30 septembre pour une application au 1er janvier suivant. En cas de création, vous pouvez opter jusqu'au dernier jour du 3e mois qui suit la création, avec effet immédiat.
Sortir : même calendrier — la renonciation se signale à l'URSSAF avant le 30 septembre pour l'année suivante. La sortie est automatique si votre RFR dépasse le seuil ou si vous quittez le régime micro.
Déclarer : même avec le versement libératoire, vous reportez chaque année votre CA sur la déclaration complémentaire 2042-C PRO, dans le cadre « micro-entrepreneur ayant opté pour le versement libératoire » : case 5TA (vente), 5TB (services BIC) ou 5TE (BNC). Ce revenu n'est pas imposé une seconde fois : il sert à calculer votre RFR et le taux appliqué aux autres revenus du foyer.
Corollaire : les revenus soumis au versement libératoire échappent au prélèvement à la source — pas d'acompte contemporain prélevé sur eux.
Source : CGI Art. 151-0, IV (option/renonciation) — impots.gouv.fr, notice 2042-C PRO
Questions fréquentes
Quel est le seuil de revenu pour opter au versement libératoire en 2026 ?
Votre revenu fiscal de référence 2024 (année N-2) ne doit pas dépasser 29 315 € par part de quotient familial — soit 58 630 € pour un couple et 87 945 € pour un couple avec deux enfants. Ce seuil est revalorisé chaque année (CGI Art. 151-0, II).
Je suis non imposable : le versement libératoire est-il intéressant ?
Non, c'est le cas typique où l'option est perdante. Au barème votre impôt serait nul, alors que le versement libératoire prélève 1 % à 2,2 % de chaque euro de CA, sans remboursement possible : le versement est définitif (« libératoire »).
Le versement libératoire remplace-t-il le prélèvement à la source ?
Oui, pour les revenus de la micro-entreprise : ils sont imposés au fil des déclarations URSSAF et ne supportent pas d'acompte de prélèvement à la source. Les autres revenus du foyer (salaires, foncier…) restent soumis au PAS normalement.
Comment renoncer au versement libératoire ?
En le signalant à l'URSSAF au plus tard le 30 septembre : la renonciation prend effet au 1er janvier suivant. Vous repasserez alors à l'imposition au barème, dans les cadres micro-BIC/micro-BNC classiques de la 2042-C PRO, avec l'abattement forfaitaire micro.
Dois-je encore remplir une déclaration de revenus avec le versement libératoire ?
Oui. Vous reportez votre CA annuel en case 5TA, 5TB ou 5TE de la 2042-C PRO. Il n'est pas réimposé, mais il compte pour le revenu fiscal de référence et pour le taux d'imposition des autres revenus du foyer.
Sources officielles
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Faire mon diagnostic gratuitFiscaClear est un outil d'aide à la décision — ne constitue pas un conseil professionnel. Validez avec un professionnel qualifié (expert-comptable, avocat fiscaliste).